De Horta à Douarnenez,

transat retour 2ème étape

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Tous les dessins sont de Patrick : merci  Lefko !

 

Le port d’Horta est plein, le long des quais les bateaux sont sur 2 ou 3 épaisseurs, et l’ambiance est vraiment agréable. Je suis à couple d’un bateau immatriculé à Hamburg, on discute en anglais, mais entre eux ils parlent allemand ou italien. Il y a plein de français, des anglais, des allemands, des norvégiens, des italiens, des étatsuniens, chacun décompresse après 3 semaines de mer, ou plus. On se balade en regardant par terre les fresques des équipages, certaines anciennes, d’autres récentes ou en cours de réalisation.

Je fais ma fresque, à quelques pas d’Indeed. Je passe mes tubes de peinture à Annie qui fait la fresque d’Eoliane.

On passe du temps chez les uns les autres. On teste un restau à Porto Pim, au dessus de la plage d’Horta. Pendant les journées, je me bats avec les accès internet du port assez cafouilleux. Je finis par prendre mes habitudes au « Clube Naval » ; je me prends des grands cafés au lait mousseux, je viens avec un ordinateur, le WIFI marche bien, et je peux mettre le site à jour, je peux lire mes mails, très nombreux après la traversée.

Vendredi 19 juin, nous louons une voiture à 4, avec Annie, Olivier et Marcel, et nous partons faire le tour de l’île.

Nous commençons par la caldeira qui est au centre de l’île de Faial. Une route très belle monte là-haut en sinuant, bordée d’hortensias. Parking, et là s’ouvre un tunnel pour piétons qui débouche dans la paroi verticale de la caldeira, 400 mètres de profondeur, 2 km de diamètre, spectaculaire.

Nous continuons la balade sur les petites routes de campagne. Nous trouvons un petit restaurant très couleur locale, et nous dégustons un poisson pommes de terre.

Dans l’après midi, nous filons vers la Ponta dos Capelinhos : Ici un phare balisait la pointe ouest de l’île. Aujourd’hui, depuis l’éruption de 1957, il ne sert plus à rien, une montagne est sortie de la mer devant lui en quelques mois.

Un musée à côté du phare, invisible car totalement enterré, retrace ce cataclysme. L’île s’est agrandie de 2,4 km2, mais aujourd’hui il n’en reste plus que 0,6 km2, tant l’érosion est rapide. Je suis passé ici en 2004, le musée n’était qu’à l’état de projet à l’époque, et c’est une belle réalisation.

Nous allons chez Peter, car à l'étage au dessus du bistrot il y a un « Musée du Scrimshaw » : les scrimshaws sont ces dents de cachalot qui autrefois étaient gravées par les marins à bord des bateaux baleiniers pendant les longues semaines où ils parcouraient les océans.

La salle d’exposition n’est pas très grande, mais elle renferme une étonnante collection de dents aux dessins extraordinaires. Une jeune fille nous parle de tout ça dans un anglais impeccable, et nous passons un excellent moment.

 

Dimanche 21 juin - le séjour à Horta est très relaxant, mais il est temps de larguer les amarres, car Dominique et Patrick arrivent sur l’île de Sao Miguel dans 2 jours.

A 9 heures du matin j’ai fait ma « clearance », Olivier, Annie et Marcel me donnent un coup de main, je quitte le quai. Je serai bientôt suivi par le gros catamaran Crazy Louise : Laurent, Nicole et leurs 2 enfants, des bretons d’origine, viennent de déménager de Moorea en Polynésie française où ils étaient installés depuis une quinzaine d’années, ils sont en train de devenir résidents canadiens, et leur voilier est immatriculé à Londres !

 

Olivier m’a tracé ma route de l’île de Faial à l’île de Sao Miguel, 36 heures de route passant au sud de l’île de Pico. Je vois beaucoup de dauphins, mais pas de cachalots. Un rorqual commun passe à 100 mètres, je vois son souffle de temps en temps.

36 heures de navigation tranquille, j’arrive le 22 juin sous un crachin très breton à Ponta Delgada. Soirée à bord de Crazy Louise, on évoque la Polynésie, bien sûr.

Le lendemain je retrouve Catherine et Bertrand, de « Je rêve donc tu vis », on s’était rencontrés à Madère, et depuis on est restés en contact. Ils ont visité les îles Canaries, avec des retours en France, et ils viennent d’arriver ici, avec le projet de visiter les Açores avant de rentrer au pays.

Patrick et Dominique doivent arriver de l’aéroport vers 20 heures, je me poste au dessus du quai car il faut un pass magnétique pour descendre sur le ponton. Des marins français m'abordent, me demandent un renseignement, on papote et bien sûr, pendant ce temps,  mes nouveaux équipiers passent sans que je les voie, profitant de l’ouverture de la porte par quelqu’un d’autre. Je les aperçois avec leurs gros sacs au bout du ponton, je les rejoins vite, et je les accueille à bord avec plaisir : 3 navigateurs à bord d’Indeed, c’est une première cette année, et j’en suis ravi. 

Les jours qui suivent filent vite. Nous bricolons sur le bateau, je hisse Patrick dans le mât pour contrôler les haubans, on fait des courses, on s’installe, on étudie la météo.

Nous mangeons dans la vieille ville, on se trouve un snack « local » qui nous sert un excellent bacalhau.

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26 juin, nous louons une voiture à 4 avec Marcel pour explorer Sao Miguel : direction la pointe Ouest de l’île. Belle route avec des points de vue spectaculaires à chaque virage et des haies d’hortensias. Nous avons la chance d’avoir du beau temps, Catherine et Bertrand, de « Je rêve donc tu vis », ont fait une randonnée ici hier sous la pluie et dans les nuages. Nous descendons vers 2 anciens lacs de cratères, l’un bleu et l’autre vert, et nous piqueniquons au bord de l’eau, juste dérangés par des canards.

Le lendemain, Nous partons explorer le centre de l’île, nous découvrons une petite caldeira avec des sources d’eau chaude ; Marcel et moi nous nous baignons sous la cascade.

Notre virée nous amène vers une tour tout à fait ivanohesque, le Castelo Branco, sur un sommet qui surplombe un lac. Du haut de la tour la vue est superbe.

Au bord d’un autre lac nous nous baladons au milieu des fumerolles et des flaques de boue bouillonnante. Eh oui, les Açores sont sur une zone volcanique très active.

Dimanche soir nous rejoignons avec la voiture Catherine et Bertrand à Villa Franca do Campo. Eux sont venus ici en voilier, ils lèveront l'ancre et fileront à minuit vers l’île de Terceira à une centaine de milles. Partout aux Açores on fête la St Jean, et ça dure souvent une semaine. Ici un grand barnum a été dressé, avec des tables et des bancs. On y mange une feijoada et des travers de porc, puis à la nuit tombante nous assistons à un défilé de groupes costumés qui dansent au rythme des fanfares qui les suivent. Les groupes viennent des villages voisins, et il y a des costumes assez drôles, avec des vrais carreaux de faïence collés sur les robes, avec des azulejos portugais authentiques en guise de plastron.

 

Une soirée à bord d’Adelcar nous fait rencontrer les équipages de P’tisu et Panous, et Pierrick va nous étudier un « routage » pour notre traversée vers Douarnenez.

On avait envisagé de partir lundi, puis mercredi, mais la météo n’est pas d’accord. Jeudi nous avons un vrai temps de cochon, le vent siffle dans les haubans du port, il pleut des cordes, et on est bien contents de ne pas être partis.

 

Vendredi 3 juillet : départ de Ponta Delgada. Nous avons fait les pleins de provisions, d’eau et de fuel, et nous prévoyons 10 à 12 jours de mer, avec sans doute du petit temps.

Marcel largue ses amarres en même temps que nous, il vise Belle Ile, mais nous projetons de nous suivre quotidiennement par mail satellite, comme dans la traversée précédente. Et Olivier d’Eoliane nous contactera chaque jour pour nous « router ».

Nous longeons la côte vers Villa Franca do Campo, et nous passons entre le port et un îlot qui est en fait un ancien volcan dont le cratère est un lac de 150 mètres de diamètre avec un tout petit passage vers la mer.

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Patrick et Dominique découvrent les manœuvres à bord d’Indeed ; ils sont tous les deux des marins au long cours, même s’ils s’en défendent et font les modestes, mais chaque bateau a ses particularités et chaque capitaine a ses manies, ou sa manière de faire !

Il y a beaucoup d’électronique à bord, le logiciel de navigation et ses cartes numériques, l'AIS, le GPS, le pilote automatique, le lecteur de cartes à la barre à roue, et puis il y a un système de prise de ris automatique dont ils n’ont pas l’habitude ; il y a une phase de prise en main, qui est en fait très rapide.

Je reste le skipper, mais la conduite du bateau va être très collégiale.

1ère journée sans problème, avec du beau temps. La nuit va être parfaite, pleine lune descendante qui se lève vers 22 heures, orange et énorme. Pour cette première nuit, je suis « hors quart », Patrick et Dominique se partagent la nuit, et je suis réveillable à tout moment, mais en fait je vais me lever très régulièrement pour voir si tout va bien et papoter un brin.

Samedi 4 juillet, 2ème jour, le ciel se couvre progressivement. La matinée va démarrer doucement puis en milieu de journée le vent forcit à 18-20 nœuds, le bateau dépasse 7 nœuds pendant quelques heures, mais ce bel effort s’essouffle, les nuages s’en vont et le vent tombe. Nuit tranquille, un peu trop même. Un cargo passe sur notre arrière, à 8 milles.

 

Dimanche 5 juillet, 3ème jour : aux premières lueurs du jour, le bateau se réveille, accélère, et à 7h30 il dépasse 5 nœuds. Une grande houle qui vient du nord-ouest secoue le bateau, mais le soleil est là.

La vie à bord s’organise, Dominique et Patrick font de la vraie cuisine, on mange dans le cockpit quand il fait chaud – oui, la fraîcheur tombe assez vite le soir, vivement les grosses chaleurs bretonnes ! Ils cuisinent des oignons frais, des tomates, des carottes, du chou, du gingembre frais, des pommes de terre, des poireaux, et puis on a emporté des ananas des Açores parfumés et sucrés. On ne se laisse pas aller !

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Lundi 6 juillet, 4ème jour : nuit ventée, 18 à 20 nœuds de vent. Patrick est de quart à 3 heures du matin, il vient me réveiller pour gérer le croisement d’un cargo, on décide de prendre un ris supplémentaire. On a choisi de s’éloigner des vagues qui accompagnent une dépression passant à notre nord, en pointant vers l’est.

Au matin, doucement le vent va baisser, on renvoie toute la toile en fin de matinée. Du coup, changement de stratégie, nous pointons vers le nord, Olivier nous a proposé un point à viser pour contourner une bulle anticyclonique où le vent est très faible, voire nul.

Mardi 7 juillet, 5ème jour : depuis 3 jours, on a adopté un système de quarts de 3 heures, Patrick 22h à 1h – Dominique 1h à 4h – Didier 4h à 7h – Patrick 7h à 10h, et la nuit suivante on décale d’un cran. Le dernier quart est raccourci de fait, car vers 8h30, tout le monde est réveillé et on déjeune ensemble.

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Patrick à la barre !

Nous vérifions l’hydro-générateur Aquagen, le bout’ de 15 mètres et l’hélice qui traînent derrière le bateau ; en le sortant de l’eau nous découvrons le bout’ tortillé et tirebouchonné de façon invraisemblable. Nous démontons l’accrochage du bout’ sur le générateur et constatons que les parties métalliques en contact sont déjà usées de façon alarmante, alors qu’on les a mises en place il y 4 jours seulement.

Nous décidons de remplacer le bout’ par une amarre que j’ai dans mes réserves, et on change l’accrochage du bout’ par un câble métallique fixé sur un gros boulon de ma boîte à outils. On remet le tout à l’eau, et ça marche bien !

En début de nuit, on se traîne. Pour ne pas laisser les batteries baisser trop, on démarre le moteur pour les recharger.

2 heures du matin, j’entends un choc sur la coque à l’arrière du bateau : nous venons de perdre le bout’ et l’hélice de l’hydrogénérateur, le câble a cassé net…

Je suis furieux, mais que faire ? Je rebranche l’éolienne, qui est moins efficace mais qui fonctionne.

Au petit déjeuner, grande discussion sur ce que nous pouvons faire. 2 pistes, d’abord le fabricant de l’hydrogénérateur, puis l’assurance du bateau.

Temps moche toute la journée. En fin d’après midi, on met le moteur, qu’on va laisser tourner jusqu'au lendemain, avec un petit essai sous voiles pendant 2 heures à 5 heures du matin. On avance, et on monte au nord pour contourner les zones de calme.

 

Mercredi 8 juillet, 6ème jour : on alterne des moments au moteur et sous voiles, la mer s’est peu à peu calmée, le temps est toujours gris et le ciel bas, mais la vie à bord est facile.

 

La nuit est très noire, il va y avoir du crachin, et même du brouillard à ne plus voir l’avant du bateau.

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Jeudi 9 juillet, 7ème jour : le temps est toujours couvert, mais ça s’améliore un peu. Quand même, on supporterait volontiers un peu de soleil, un peu de chaleur. On ne quitte plus nos polaires, Patrick a sorti les chaussettes, Dominique a mis ses bottes. Moi je garde mes tongs… Nous sommes contents de manger chaud, même si nous continuons  à manger aussi des salades croquantes de chou ; nous commençons à arriver au bout des légumes frais, mais il reste du chou blanc, du chou rouge, des pommes de terre, des pommes, des ananas et puis un stock de conserves.

Aujourd’hui, grand jour, nous avons dépassé la mi-route, à l’apéro du soir nous fêtons ça avec de l’Armagnac Captain Did !

Pour la nuit, le principe des quarts de 3 heures nous plaît bien, ça permet de dormir longtemps. Aujourd’hui c’est Patrick qui commence.

La routine des nuits en mer : Dominique regarde des vidéos pendant ses quarts, « Coup de foudre à Notting Hill », « A perdre la raison ». Patrick écoute de la musique dans ses écouteurs, et moi  je lis un polar américain.

On prend un ris pour calmer le jeu, on se déroute de 20° pour laisser passer un cargo qui va en sens inverse vers Fort de France.

Au milieu de la nuit, la pluie tombe à verses, assez longtemps. Et Indeed avance à 6 nœuds, sans broncher.

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Dominique à la barre !

Vendredi 10 juillet, 8ème jour : à 6 heures du matin, le vent tourne de 90° en quelques minutes, ce qui déclenche un empannage sauvage de la grand-voile. C’était annoncé dans le fichier météo, mais pas de manière aussi brusque !

Le vent va être très soutenu, 20 nœuds et plus, et nous allons faire des pointes à 8 nœuds. Le ciel se dégage, tout serait pour le mieux si la mer était un peu moins agitée, on ne peut pas tout avoir…

Nos grandes préoccupations de la journée sont les menus et les apéros. A midi, chili con carne maison, le soir couscous et carottes râpées au thon.

En fin d’après midi, le vent se calme, les vagues se disciplinent, et on a rajouté un ris pour la nuit. Aucun nuage, un petit croissant de lune en milieu de nuit, la Voie Lactée, la Bretagne approche. Il ne fait pas chaud, et nous recevons par satellite des mails qui nous parlent de canicule en France…

 

Samedi 11 juillet, 9ème jour : la matinée démarre bien, le ciel est bleu et laiteux comme un jour de janvier. Mais peu à peu, le vent se lève, la mer se forme, ce qui n’était pas annoncé par le fichier météo. De 15 nœuds, le vent va monter à 20 puis 25 nœuds. Dans l’après-midi, il y aura des rafales jusqu’à 32 nœuds. Les vagues deviennent assez impressionnantes, dépassant sans doute les 4 mètres, mais elles ne déferlent pas trop.

Génois bien rétréci, 2 ris dans la grand-voile, nous allons entre 7 et 8 nœuds. Par moments le bateau fait des embardées car la mer est croisée : des vagues assez régulières viennent de l’arrière, puis tout à coup une vague vient frapper le côté tribord, Indeed accélère en se couchant un peu, le virage démarre mais tout rentre dans l’ordre assez vite. A chaque fois on se crispe, on attend la suite, et non, tout se passe bien.

Nous prenons quand même la petite bière de l’apéro du soir avec des rondelles de saucisson, et nous discutons de la stratégie à adopter. Prendre un 3ème ris ? Si le vent baisse un peu, on serait vraiment sous-toilés. Le vent et les vagues semblent donner des signes de bonne volonté, alors on reste avec la même configuration, mais on décide de mettre les harnais pour sortir dans le cockpit la nuit, et le captain dort dans le carré, disponible en cas de besoin.

A minuit, nous franchissons les 1000 milles nautiques parcourus depuis Ponta Delgada. Le ciel se dégage un peu, vitesse 6,5 nœuds.

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Vers 1 heure du matin, nous passons tout près d’une flottille de 11 bateaux de pêche espagnols, et nous devons nous dérouter pour passer sur l’arrière du El Canavera qui, lui,  ne fait pas grand-chose pour nous éviter. Nous allumons, en plus de nos feux de position,  un feu blanc arrière et un feu blanc dans le mât. Je me méfie de ces bateaux en pêche qui n’imaginent peut-être pas que des dingos en voilier pourraient passer par là à une heure pareille.

Progressivement, le vent se tranquillise, 20, 19, 18 nœuds, les vagues se dégonflent. Il faudra qu’on rectifie notre cap, on vise un peu bas pour arriver dans la chaussée de Sein.

 

Dimanche 12 juillet, 10ème jour : nous calculons que nous allons traverser le rail des cargos demain en début d’après-midi. Dans la journée le vent se stabilise autour de 16 nœuds, la vie redevient plus décontractée à bord. Le ciel est gris, il ne fait pas chaud, on reste plutôt à l’intérieur, polaires et chaussettes.

A midi, nous célébrons les 1000 milles d’un doigt d’Armagnac « Captain Did ».

L’après midi, le ciel se dégage et un avion de la Marine genre Mystère 20 nous survole 2 fois, à une cinquantaine de mètres au dessus des vagues ; est-ce le comité d’accueil pour notre arrivée ?

Des dauphins jouent très longtemps autour du bateau en fin d’après-midi : décidément les organisateurs font bien les choses, les dauphins, un avion, et même, paraît-il, un feu d’artifice pour notre arrivée le 14 juillet !

 

Nuit sans problème. Manquent seulement les étoiles et la lune. Les bateaux, cargos ou pêcheurs deviennent nombreux, 5 degrés à bâbord, 5 degrés à tribord pour s’en éloigner un peu. Au petit matin, du crachin.

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Lundi 13 juillet, 11ème jour : on approche du rail d’Ouessant, le rail des cargos, nous abordons le champ de tir en début d’après-midi. D’abord le rail descendant, pas trop de monde, puis le rail montant, de plus en plus de monde. On démarre le moteur  à quelques reprises pour s’éloigner des « hostiles », ces cargos qui font semblant de ne pas nous voir, et continuent tout droit quand nous faisons des zigzags pour les éviter.

On sort enfin du rail en début de nuit, Dominique et Patrick veulent me ménager et assurent la veille tous les 2 jusqu’à 4 heures du matin. Ils sont menacés et attaqués par des bateaux de pêche, ils les repoussent vaillamment en allumant tous les feux de mât et en leur braquant un puissant spot à leds dans la figure. Apparemment sans effet probant : les pêcheurs sont imperturbables quand ils sont en pêche. Je me lève et envoie au lit les 2 veilleurs sans ménagement, je les veux en forme pour l’arrivée à Douarnenez.

En début de nuit la visibilité était mauvaise, crachin et brouillasse. Peu à peu l’atmosphère se nettoie, en fin de nuit tous les phares de la pointe de Bretagne sont là, Creac'h et le Stiff d’Ouessant, la Vieille de la Pointe du Raz, la Pointe St Mathieu, Ar Men sur la Chaussée de Sein.

Nous étions restés en heure TU, au petit déjeuner nous mettons nos montres à l’heure TU+2, l’heure d’été en France.

Jusqu’au bout le temps est automnal. A gauche le Cap de la Chèvre, à droite la Pointe du Raz,  Nous approchons de Douarnenez.

Mardi 14 juillet, manœuvres d'approche, le bateau est amarré au ponton visiteurs dans le chenal de l'île Tristan à 11 heures TU+2 (9 heures TU). Nous avons quitté Ponta Delgada il y a presque exactement 11 jours à 9h30.

 

L’écluse du Port Rhu ouvre à 14h45, on doit attendre, nous en profitons pour aller manger dans un petit resto sur le quai en face de l’île Tristan. Dans l’après-midi la passerelle est ouverte, nous entrons dans le bassin du Port Rhu et nous installons Indeed au ponton visiteurs tout près du célèbre bistrot le « Pourquoi Pas ». Marie-Pierre et Jean-Yves nous rejoignent à bord pour lever nos verres à cette traversée impeccable.

Nous avons parcouru 1311 milles en 11 jours, moyenne 4,96 nœuds.

 

Épilogue

 

Le voyage est fini, j’ai parcouru 10 801 milles, environ 20 000 km, depuis mon départ de Bénodet le 2 septembre 2014, il y a un peu plus de 10 mois.

 

Je n’ai pas eu de grosse tempête, même si parfois des grains ont essayé de m’énerver, j’ai eu quelques problèmes techniques, mais ce n’est pas ça que je retiens de cette année. J’ai traversé 2 fois le tropique du cancer, et 2 fois l’Équateur. J’ai vu Jacaré, Trinidad et Redonda. J’ai dormi dans la forêt amazonienne, bercé par les cris des singes hurleurs. J’ai vu des baleines à bec, des cachalots, des iguanes. Et je suis assez fier de moi car il a vraiment fallu que je me botte le derrière pour faire ce tour. Oui, assez fier.

 

« Le grand voyageur

c’est peut-être celui

qui n’a pas encore trouvé

l’endroit idéal pour se poser ».

 

J’aime cet aphorisme signé Marcel de Fleur de Sail.

Et aujourd’hui j’ai envie de me poser, après 2 tours d'une année autour de l’Atlantique, après 7 années en Polynésie. Me poser en Bretagne, à Douarnenez, évidemment.

En anglais évidemment se dit indeed !

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"Derrière l'horizon", le DVD qui retrace 20 ans de navigation autour du monde de Bruno et Catherine à bord de Nosy Bé

Depuis 20 ans, Bruno et Catherine naviguent autour du monde, à bord de leur Romanée Nosy Bé. J'ai croisé leur route à Tahiti en 2007-2008.

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28 € (25 € + 3 € de port en France métropolitaine).

Arlette Girault-Fruet a obtenu

le Grand Prix de la Mer 2015 pour

"La Non Trubada, la question des îles errantes dans les navigations d'autrefois"

octobre 2014 - CLASSIQUES GARNIER.

Toutes nos félicitations, Arlette.

Allez voir la page "Les îles perdues", on y parle de ce livre superbe, un bel objet. Et aussi de Tintin !

 

Les bonus vidéos

INDEED en mer d'Iroise

Quelques images d'Indeed dans les îles de la mer d'Iroise, avec le dauphin Randy à l'île de Sein en invité surprise.

Transat retour Açores - Bretagne :

Ambiance de la transat retour Açores-Bretagne, dans le carré, sur le pont ou devant l'étrave, il y a toujours quelque chose à voir.

Indeed au Royaume de Redonda - Une île déserte, et pourtant elle a un roi depuis le 19ème siècle. Une drôle d'escale.

Petite Terre - Sargasses, iguanes et barracudas -  Une réserve naturelle très protégée au sud-est de la Guadeloupe.

 La vie du récif des îles de Gwadloop - Un vrai bonheur de plonger sur le récif - un bonheur ? Non, un enchantement !

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Les dessous d'Indeed, tout ce que vous avez toujours voulu voir d'Indeed sans jamais le pouvoir, parce que vous avez peur de mettre la tête sous l'eau !

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Serpents de mer et colibris - le bonheur de voyager sous les Tropiques, c'est de contempler des animaux qu'on ne connaissait que dans les livres ou au cinéma, dans l'eau, dans l'air, sur terre.

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Quelques vues du Carnaval des écoles à Trinidad & Tobago.

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 INDEED et les dauphins, un rêve marin en vidéo en un clic.

Allez aussi voir les journaux de bord du mois d'août 2014 : Molène, Le Port Rhu, les Glénan...

"Favet Neptunus eunti" : "Neptune est favorable à ceux qui voyagent" !

Rue du Treiz à Douarnenez

48°05' Nord / 4°20' Ouest