Les 2 aventuriers en Amazonie

journal de voyage de Claude

du 18 décembre 2014 au 16 janvier 2015

 

 (avec quelques ajouts de Didier, dont les photos)

Brésil, Brasil, Brazil (prononcez « Brasiuuu » en brésilien !) dont la prononciation roule, chante, danse comme le ballon de futebol, le soleil, le carnaval…

Le Brésil ou plutôt les Brésils, comme on disait les Indes !

 

Ce voyage, je le projetais depuis longtemps mais l’immensité du pays, la violence dont nous parle la presse, ne m’incitaient guère à le parcourir seule.

 

L’annonce de la transatlantique de Didier fut donc l’occasion de me lancer enfin dans ces espaces inconnus.

Nous prîmes donc rendez-vous pour le 15 décembre à Jacaré, une marina située non loin de Joao Pessoa dans l’estuaire du fleuve Paraiba, Nordeste du Brésil.

 

Le voyage commence avec ce rendez-vous et le pari d’y être tous les deux. Pari, je dois le reconnaître, bien plus difficile à tenir pour Didier que pour moi, il me suffisait de prendre un billet d’avion.

La route ne fut pas si simple pour Didier, le Pot au Noir lui joua des tours et il faillit, bien involontairement, partir directement pour les caraïbes !

Accrochée à mon ordinateur, je surveillais avec interrogation, la route de Didier. Allait-il passer à l'est des ilots Saint Pierre et Paul, que je découvre alors ? Si oui, c’était gagné !

 

Deux jours seulement avant mon départ, Didier m’annonçait enfin qu’il serait au rendez-vous et qu’il accosterait le 18 décembre… le jour où je prenais l’avion.

 

De mon côté le voyage fut simple. Paris- Lisbonne puis Lisbonne-Recife.

En 12 heures seulement, j’étais au Brésil. Il faut dire que Recife se situe à l’extrême Est des Amériques et n’est pas plus loin de Lisbonne que New York de Paris.

 

MARINA ET SERTAO

Le 18 au matin Didier touchait la terre du Brésil, à Jacaré, le 18 au soir j’atterrissais à Recife et me faisais conduire à Olinda, l’ancienne ville coloniale.

Le lendemain, je découvre les rues en pente d’Olinda, et au loin Recife et ses gratte-ciel en bord de mer.

 

Le 19, avant de m’engager sur les routes du Pernambuco (état de Recife) et du Paraiba (état de Joao Pessoa), je visite Olinda dès le lever du jour.

La ville est presque déserte, des files de voiture se dirigent vers Recife.

Je monte, je descends dans des ruelles très pentues, visitant les églises ouvertes et m’étonnant de tant de tranquillité. Olinda, ville ancienne, est dans la banlieue de Recife, ville un peu dortoir, un peu touristique !

 

De retour à mon hôtel, je déjeune, prends une douche, fais un premier séjour dans un hamac puis, je repars pour la visite du monastère et pour prendre quelques informations sur mon voyage Olinda - Jacaré. Je finis par comprendre qu’il me faudra prendre deux bus plus le train mais Didier n’a pas réussi à repérer la gare !

Après maintes discussions, j’opte pour la simplicité et prends un taxi direct Olinda - marina de Jacaré (environ 180 km).

J’arrive à la marina et aperçoit Didier en pleine conversation.

Retrouvailles, installation, je visite le bateau, magnifique et spacieux. Une sorte de résidence secondaire ! Chacun sa cabine, ses hublots, son placard. Je suis royalement installée, comme arrivée à la maison et je viens à peine de la quitter.

Quelques photos à Jacaré

Comme nous en avions convenu, j’ai réservé, par l’intermédiaire de mon ami Hugues vivant au Brésil (impossible de payer avec une carte bancaire française), des billets d’avion pour Santarem en Amazonie.

J’aurais aimé aller jusqu’à Manaus pour le nom et l’image que véhicule la ville, mais de nombreux arguments m’en ont dissuadée : 4 jours de bateau pour regagner Bélem, déforestation autour de la ville, forêt à plus de 120 km, pas de représentations au fameux théâtre-opéra de Manaus.

De peur que Didier n’arrive pas à temps, j’ai réservé pour le 26 décembre.

Bonne idée car Didier a très envie de passer Noël à la marina et qu’il lui faut faire les formalités de douane. Eh oui, je suis bien entrée au Brésil mais Didier est encore clandestin.

 

Nous avons donc une semaine avant l’AMAZONIE. Nous la mettons à profit pour, entre diverses obligations, eh oui, même en roue libre, il y en a, faire une escapade à Joao Pessoa et dans le Sertao.

Le 22 décembre, même bien peigné et bien repassé, Didier n’obtient qu’une partie des documents d’entrée au Brésil.

Partons, partons pas ?

J’attends la décision de Didier qui, lassé des lenteurs administratives, décide d’y aller.

Le départ au soleil couchant rend la route un peu complexe.

Pourtant, il nous faut juste suivre la trans-amazonienne, La BR 320, qui démarre à Cabedelo et passe par Jacaré qui se situe… au km 5 !

Nous nous y mettons à deux pour maîtriser les « retorno » (les demi-tours sur les voies express)  et prendre au senti les bonnes directions !

Nous arrivons à l’hôtel à 20 heures, il fait 21°, j’ai froid.

Nous dînons d’une pizza commandée, la première du voyage, dehors, au bord de la piscine, enveloppés dans nos couvertures polaires.

 

Le lendemain, après un superbe petit-déjeuner, l’aventure brésilienne peut démarrer.

Didier repère une droguerie « ferragen » dans laquelle nous achetons de la colle « Duralit », l’araldite amazonienne, la seule à pouvoir efficacement réparer les coulisseaux de grand voile de Indeed.

Didier conduit. A moi, il faut 3 cartes pour arriver à nous diriger. Nous prenons la route goudronnée n°138 qui s’arrête brutalement au pied de l’église d’un village, commence alors notre journée sur les pistes vers Boa Vista et Cabaceiras.

Dans un paysage semi-désertique, les fazendas sont complètement entourées de clôture de barbelés.  Le désert en cage ! C’est un peu antinomique, le désert est, pour moi, tellement associé à la liberté !

Quelques photos de notre virée vers le Sertao

La végétation, poussiéreuse, se compose d’épineux et de divers cactus, « chandelles » et puis « oreilles ». Et, comme le faisait ma mère, amoureuse des cactées, je remarque des champs « d’oreilles », puis un pick-up rempli de cette plante. Il s’agit en fait d’un cactus sans épine qui sert de fourrage aux zébus, pourtant faméliques.

Dans le ciel volent, majestueux, des « urubus », des vautours noirs. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons pas à faire la photo « Géo » de ces oiseaux !

 

Le paysage change peu à peu et nous arrivons à la fazenda « Pai Mateus », une fazenda qui fait hôtel-restaurant-visites guidées, dans un décor rocailleux composé d’énormes blocs de pierre granitique. Magique dans la lumière de l’après midi !

Il fait chaud, nous déjeunons tardivement à la ferme. Là, il y a de l’eau, et même une piscine.

Quel contraste avec les hameaux que nous avons croisés ! Des petites maisons qui s’alignent le long des pistes que rien ne vient égayer, pas de fleurs, pas de plantes, seule la réserve d’eau en hauteur, toujours de couleur bleue, anime un peu ce décor aride.

Parfois nous découvrons un four en pierres sèches, abandonné, à quoi servait-il ?

 

Nous avions prévu une grande tournée, mais faute de temps nous regagnons Campina Grande en passant par Cabaceiras, ville d’un autre âge avec ses petites maisons de couleurs et ses rues pavées.

Il nous faudra demander trois fois le chemin avant de rejoindre la route goudronnée.

 

A Campina Grande, nous profitons des décorations de Noël dont l’absence nous avait intrigués. Nous pensions la population très croyante et n’avions vu aucune marque de Noël, ni dans les maisons, ni dans les villes ; il n’y a que dans les églises catholiques « qu’on fait la crèche ».

 

Retour à la marina très tôt le 24 pour terminer les formalités douanières de Didier.

Le 24 au soir, repas de Noël avec nos copains de la Marina.

Nos voisins ont, sur notre exemple, mis des guirlandes sur leur bateau. Tradition, tu nous tiens !

Le 25, à midi, nous fêtons Noël au bateau. Repas de fête avec foie gras arrosé au Porto et ouverture des cadeaux. Je reçois deux ailes de poisson volant que Didier a précautionneusement fait sécher au cours de sa transatlantique, je lui offre un décapsuleur rustique, ramené de Java, et un livre de Jorge Amado.

Le 26, départ, en fin de journée, pour la grande aventure amazonienne.

 

Les villes du Nordeste

De Recife, la plus grande ville du Nordeste, à Sao Luis en passant par Joao Pessoa, Bélem, Parnaiba ou encore Campina Grande, les villes semblent avoir poussé sur le même modèle.

L’ancienne ville coloniale, plus ou moins en déshérence, un ancien port pour les villes côtières, puis en arrière, décalées de la ville ancienne, des habitations serrées les unes contre les autres, logement des plus pauvres, les favelas, plus loin dans des espaces restés vierges les villes nouvelles qui dressent leurs tours vers le ciel.

Difficile de faire corps, de prendre corps avec ces villes, il faudrait y rester plus longtemps.

Les centres anciens nous offrent la nostalgie d’un passé décidément révolu qui tente de devenir touristique ; quant aux villes neuves ou aux favelas… on ne s’y promène pas!

Nous entrerons dans le quartier des gratte-ciel de Jacaré, Intermares, pour faire les courses dans les supermarchés.

Ces grands immeubles, en bord de mer, ne sont donc pas seulement des hôtels ou des sociétés mais aussi des lieux de vie moderne. Le petit commerce n’y existe pas, seuls quelques vendeurs ambulants proposent glaces, crevettes, noix de cajou… quelques productions locales.

 

La communication avec les Brésiliens

Le Brésilien du Nordeste parle le Brésilien, le Brésilien et encore le Brésilien… sans une connaissance minimale de cette langue, il est très difficile d’avoir un échange, d’autant que leur façon d’expliquer et leur gestuelle nous sont assez obscures.

Nous prendrons rapidement l’habitude de lever un, voire les deux pouces pour dire que nous sommes satisfaits, et de montrer le chiffre 1 avec l’index (2 avec index et majeur, etc.)  afin qu’il n’y ait pas de confusion entre « c’est bien » et « je veux un ticket », « une bière » ou tout autre chose à l’unité.

Enfin, habitude prise pas si rapidement que ça !


Quelques photos d'animaux que nous avons réussi à "capturer"

- sauf un, le singe-araignée, la photo n'est pas de nous !

Et pas de dauphins de l'Amazone, trop timides, trop loin...

Les transports

Le pays est si grand que la plupart des villes importantes sont dotées d’un aéroport.

Les déplacements inter-villes peuvent se faire en bus, les « convencional » ou mieux encore les « executivo » et les « leito » (couchettes), qui partent des gares routières, les « estaciones rodoviarias » ou simplement « rodoviarias », souvent éloignées des centres. Les bus sont confortables et à l’heure.

Il n’y a pas ou peu de trains mais quelques métros/trains de banlieue, comme à Recife ou à Jacaré (un train brinquebalant…).

Pour les déplacements en ville, il y a les « ónibus » (les bus).

 

Les nomades de la mer

A la marina, on amarre son bateau, comme on pose son sac à dos.

La vie s’organise avec les voisins, on y prend des habitudes.

Les marins partagent leurs expériences. Ils échangent les bons mouillages, comme, « on the road », on échange les bons hôtels, les bons coins !

Les uns ont tout quitté, vendu leur maison pour partir sur les mers. Les autres ancrent leur bateau pour plusieurs mois, jusqu’aux vacances prochaines pour continuer la route, ou plutôt la mer, là où ils l’ont laissée.

D’autres encore font le tour de l’atlantique en se donnant ou sans se donner de date de retour.

La plupart, comme me disait un marin, sont à la retraite. Il y a trente ans, me disait-il, nous avions tous trente ans… aujourd’hui, ce sont les mêmes qui voguent mais ils ont soixante ans ou plus ! 

 

La propriété - la sécurité

Champs entourés de barbelés, hôtels fermés à clef, des grilles à toutes les portes et fenêtres, qui a peur de qui ou de quoi ? Dans la rue des pêcheurs à Jacaré, les maisons sont modestes, très modestes. Tout le monde vit dans la rue, et pourtant la majorité des portes et des fenêtres sont grillagées. Partout nous voyons des policiers avec le révolver à la ceinture, des vigiles avec des fusils d’assaut…

Nous sommes restés prudents là où les guides nous disaient de ne pas traîner trop tard le soir et n’avons accéléré le pas qu’une fois … dans le vieux centre de Sao Luis, désert !

 

Les tenues vestimentaires

Mon regard est attiré par la tenue des femmes.

Quels que soient leur âge et leur embonpoint, elles portent un short, un bermuda ou un pantalon collant et un t-shirt non moins serré, ce qui leur donne, compte tenu de leurs formes plutôt abondantes, des silhouettes assez lourdes, soulignées par des couleurs que nous n’oserions pas associer.

Sur la plage, elles portent, comme l’image d’Epinal des brésiliennes, des strings mais cachés sous des vêtements, short ou tunique, de dentelles qui accentuent plus qu’ils ne cachent les imperfections des corps.

A ma critique des femmes, Didier m’oppose « mais tu ne regardes pas les hommes ! »

En effet, je ne les voyais pas et je me suis efforcée de regarder leur tenue. Elle est très proche de la tenue décontractée que portent les hommes en vacances en France. T-shirt ou chemise portés sur un bermuda ou pantalon, sans excès de couleur.

Je n’ai pas vu un homme qui attirait mon regard par sa beauté !!!

 

Les églises

De l’extérieur, les églises ont cette belle forme baroque que l’on trouve en Italie puis dans les pays latins ou les colonies.

A l’intérieur, elles sont beaucoup moins baroques que ce à quoi je m’attendais. Pas aussi simple que les églises indiennes et pas aussi démonstratives que les églises mexicaines.

J’avais en tête des images des anges (dorés) de l’église d’Ouro Preto (Minais Gerais), il faudra que j’y aille un jour.

Le parvis de l’église de Joao Pessoa, en forme de trapèze, d’entonnoir, m’a impressionné. Lorsqu’on fait face à l’église, on est comme attiré, happé par le porche et on entre inexorablement dans le lieu saint.

 

La religion

La religion est une source d’interrogation. Nous pensions voir une population principalement catholique romane, mais il y a aussi l’église catholique apostolique qui s’est élevée contre l’église de Rome et son positionnement face aux nazis.

Aujourd’hui de nombreuses églises évangéliques, pentecôtistes, protestantes se développent et nous croiserons de nombreux bâtiments neufs de « l’Assembleia de Deus », qui semble être carrément intégriste, selon le guide du Routard.

 

Fenêtres avec vue ?

Certes nous n’avons pas fréquenté les hôtels 4 étoiles mais nous sommes allés dans des hôtels moyens où nous avons apprécié les petits déjeuners, copieux et parfois délicieux mais où nous avons toujours manqué de vue.

Fenêtres ouvrant sur un couloir entre deux maisons, fenêtres obturées peut-être après l’installation des climatiseurs, ouvertures donnant dans des puits de lumière, nous n’avons eu qu’une seule vraie fenêtre avec vue au cours de notre périple, à Piripiri, et les seuls lieux ouverts furent ceux où nous avons suspendu nos hamacs, chez Bata dans la forêt, au camping de Alter do Chaô, ou sur le bateau de notre descente de l’Amazone !

 

La nourriture

Nous avons mangé des fruits délicieux, papayes, ananas et mangues.

J’ai dédaigné les jus de fruits des petits déjeuners car je craignais pour mon estomac ou mes intestins (pas sûre qu’ils n’étaient pas rallongés d’eau, et ce d’autant que Didier les trouvait fort peu sucrés).

Nos repas, poissons, riz, pâtes, haricots ont été médiocres, disons-le, mais nous avons apprécié le tacacá, un bouillon étrange et délicieux avec tapioca et crevettes, et surtout la caipirinha, apéritif magnifique à base de sucre, de citron vert et de « cachaça », l’alcool brésilien fait à partir de la canne à sucre : une merveille !

Nous apprécierons, malgré leur composition à base de fromage, les pizzas brésiliennes, repas proposé le soir seulement et surtout le vendredi !

Nous aimerons aussi les galettes de tapioca (farine blanche de manioc) !

A noter : il y a tout le temps du manioc sur les tables, une espèce de semoule couleur maïs, comme il y a du parmesan râpé sur la table en Italie : on en saupoudre les haricots, le riz ou les pâtes. Curieux…

 

un clic pour agrandir
Un bol de tacacá - vraiment délicieux !

AMAZONIE

A la recherche des Indiens Guarana ! Les préférés de Didier…

 

Note du metteur en page : les indiens Guarana n’existent pas, non, sauf peut-être chez Tintin... Le guarana est un petit fruit amazonien, avec lequel on produit le « Guarana », le soda  local, un soda au goût de chewing gum assez prononcé !

 

Arrivés de nuit à Santarem, au bord du fleuve Amazone, notre premier contact avec l’Amazonie sera au sortir de l’hôtel, le lendemain matin, avec enfin une vue, et laquelle !

Vue sur la confluence entre le fleuve Amazone et le fleuve Tapajos qui restent côte à côte avant de s’unir, l’un est café au lait et a un débit plus fort (Amazone), et l’autre est chocolat.

Difficile devant l’immensité de cette mer d’eau de savoir d’où viennent les fleuves, mais ils sont bien là, et leur couleur séparée le confirme.

 

Santarem, des hamacs et l'Amazone !

A Santarem, la grande ville avant notre incursion dans la forêt amazonienne, nous faisons provision d’argent, nous achetons nos billets de bateau pour la descente de l’Amazone vers Bélem, et nous faisons quelques courses.

Achat, au marché, des hamacs que nous savons nécessaires pour notre expédition. Après de nombreuses hésitations, Didier achète un hamac bleu lagon assorti à son bateau, moi j’en achète un dans un tissu rustique bleu avec deux rayures tissées en blanc et rouge.

Le soir, comme les Brésiliens, nous faisons notre promenade sur le remblais (la rambla, le paseo, la passeggiata, la promenade !) et sirotons notre caipirinha dans un restaurant avec vue sur les fleuves.

Comme il semble impossible d’avoir des informations dans l’agence de voyage de Santarem, « brésilophone », nous le ferons à Alter do Chao dont les guides et Nicolas, de la Marina, nous parlent comme d’un endroit superbe.

 

L’arrivée en bus à Alter do Chao fut étonnante. Nous sommes happés par une foule de Brésiliens qui se dirigent vers le fleuve, vers les plages. Ambiance « Côte d’Azur »…

Passée la première émotion « Que venons-nous faire ici ? », nous nous installons et organisons notre séjour en Amazonie en suivant les conseils du guide du Routard.

 

La vie à Alter do Chao se déroule dans une ambiance de vacances. Nous fréquentons les restaurants qui, en fonction des plats qu’ils proposent, sont ouverts à midi et/ou le soir. Nous faisons l’expérience des brochettes de viandes plantées sur la table, des pizzas et apprécions les galettes de tapioca (manioc).

Nous faisons de belles promenades le long du fleuve avec l’impression d’être en bord de mer.

En fin de journée après le départ de la foule, nous profitons du cadre magnifique, plage de sable blanc divinement fin, lagon, et nous nous baignons dans une eau douce et tiède.

 

Alter do Chaô, station balnéaire en pleine Amazonie

Le 30 décembre, nous partons pour la forêt. Nous avons rendez-vous à la « pousada » d’Angelo (une pousada, c’est une auberge) à 7 heures du matin, mais nous ne partirons pas avant 9 heures. Le temps brésilien !

Bata, notre hôte et guide pour 3 jours, vient nous chercher, il a un beau sourire. Il nous conseille d’aller petit déjeuner, puis de le rejoindre à son bateau à côté de la pousada Tapajos.

Didier boit un café au lait et moi, je n’aurai même pas un ersatz de thé. Le Brésil n’est vraiment pas un pays de thé. Ce qui se nomme cha est, en fait, de la tisane, et pour trouver enfin du vrai thé, il me faudra presque tout le séjour !

 

A la Pousada Tapajos, nous essayons de réserver une chambre pour notre retour mais, barrière de la langue, nous peinons.

Une jeune française qui y réside nous propose de nous aider. Plus de place. Nous découvrons alors que nous partons pour la même aventure… chez Bata ! Elle s’appelle Armaghane, française d’origine iranienne, et son mari Guillaume, 2 français expatriés à Sao Paulo depuis 2 ans. Elle a un poste chez Barilla, et lui se débrouille avec des contrats locaux de consultant. Nous disposerons pour notre séjour de deux traducteurs, des compagnons d’aventure très agréables.

 

Nous embarquons tous les quatre sur la barque à moteur de Bata. 4 heures sur le Tapajos pour atteindre Jamaraquá qui se situe dans la forêt nationale du Tapajos, donc dans un lieu épargné de la déforestation.

Nous longeons les « côtes ». Au début, des plages de sable, un hôtel, des vacanciers assis en bord de fleuve.

Oui, ici, les Brésiliens ne s’étalent pas au soleil mais s’installent à l’ombre de parasols sur des fauteuils de jardin, les pieds dans l’eau ou se laissent bercer dans leurs hamacs pendus aux arbres de la mangrove.

Rapidement, le paysage change. Les cultures, les plantations de palmiers, cocotiers, açais, roniers, palmiers à chanvre et autres variétés que nous ne connaissons pas sont rapidement remplacés par la forêt.

 

Arrêt au bord du fleuve au bout de quelques heures : au « guichet » de l’entrée du parc où nous nous arrêtons pour payer notre écot à des gardes forestiers, un paresseux file tranquillement sa vie, confortablement installé sur une branche. Plus bas sur le même arbre, d’énormes chenilles, colorées et douces comme du velours, s’exposent sans inquiétude.

Nous voilà dans la forêt amazonienne.

 

Une heure plus tard, nous arrivons dans un « igarapé » (un bras du fleuve) et débarquons.

5 minutes de marche et nous arrivons chez Bata.

Dans un espace ouvert, 4 ou 5 maisons et deux « redarios » (des préaux couverts destinés à suspendre les hamacs), forment une sorte de hameau.

Ici vit la famille de Bata, fils, filles… je n’ai pas très bien compris, mais je pense que les filles mariées doivent migrer dans les familles de leur mari. Bata a 4 filles et 10 garçons !

 

En pleine forêt amazonienne, chez Bata

Il y a quelques années encore, Bata cultivait le manioc et l’hévéa et récoltait le latex (caoutchouc). Il a cessé pour développer l’accueil des touristes avec une charte écologique. J’espère qu’il n’en accueillera pas trop !

Il a conscience de la nécessité de préserver la forêt qu’il connaît depuis son enfance et mesure la chance qu’il a d’être originaire de cette zone. D’être un indigène, comme il se définit lui-même. Mais pour autant, il ne se dénomme pas Indien. Notion à approfondir ! Les indigènes d’Amazonie ne sont donc pas tous des Indiens ?

Il nous explique le maniement du tchipitchi, encore utilisé par certaines communautés. Le tchipitchi nous l’avons trouvé sur le marché, au milieu des cordes et hamacs. Il s’agit d’une longue chaussette tressée en palmier, qui sert à rouir le manioc.

Une fois installés, nous déjeunons, poisson, riz, pâtes, haricots… le menu habituel. Celui que nous aurons durant les trois jours. Frais le premier jour et réchauffé ensuite…

La nourriture, pourtant si importante, si nécessaire, ne semble pas être un point d’ancrage de la vie quotidienne. Un grand point d’interrogation pour moi, de même que l’habillement qui ne semble préoccuper que Bata.

Il a sa tenue de ville (chapeau) et sa tenue de forêt (bandeau).

 

Jamaraquá n'est pas un village mais une "comunidade", une communauté. il y a 414 habitants, mais c'est un habitat dispersé dans la forêt, et durant notre séjour nous n'apercevrons pas plus de 4 ou 5 autres maisons. Bata est originaire de Jamaraquá, mais sa femme vient d'une autre communauté proche d'ici. Les gens sont-ils propriétaires de leur terrain, locataires, occupants de fait comme dans une favela ? Nous n'en saurons pas plus.

 

L’après-midi est consacrée à une sieste, suivie d’un premier contact avec la forêt.

Nous grimpons dans un canoë que conduisent en souplesse Guillaume et Bata. Nous slalomons dans une forêt lagunaire faite d’arbres majestueux qui déploient leur feuillage bien au dessus de l’eau, de lianes, d’arbres morts aussi, et sous l’eau d’une espèce de prairie d’algues agrémentée de nénuphars, que broutent les « peixe-boi » (prononcez « péché boy »), nous dit Bata, littéralement les poissons-bœufs, les lamantins, mais nous n’en verrons pas.

 

Nos quittons le canoë, pour une ballade dans une forêt de palmes et d’arbres de petite taille qui nous mène à une rivière.

C’est l’heure de se rafraîchir ! Bonne idée. Guillaume est le premier à entrer dans l’eau. Il nage et suit Bata. Je ne comprends pas, il semble ne pas savoir nager, il n’avance pas.

Je comprendrai un peu plus tard. Contrairement à l’apparence le courant est très fort et nous devrons nous aider mutuellement, Armaghane et moi, pour rejoindre les hommes.

 

Bata s’amuse comme un enfant. Sa rivière, il la connaît, et son plaisir est communicatif. Nous nageons, plongeons, sous l’eau le courant est moins fort.

Au retour, nous glissons doucement dans l’igarapé, le soleil se couche, les oiseaux sortent, nous touchons au mystère de l’Amazonie. Au sortir de l’igarapé, le soleil nous offre un spectacle qui nous laisse tous muets et éblouis.

Douche dans des cabines à l’air libre. L’impression de vivre dans la nature.

 

Après le repas, une nouvelle sortie en canoë est prévue. Il s’agit d’aller « débusquer » un caïman. Mais cet exercice ne concerne que Bata qui nous promet « si nous n’en voyons pas, j’irai vous en chercher un ».

Dans la nuit, nous reprenons le chemin des igarapés. Toujours, comme des Indiens, sans bruit, nous regardons à droite, à gauche si, à la lumière de la torche, apparaissent des yeux rouges ! Pas d’yeux, mais pour corser l’expédition, la barque prend l’eau. Je dis à Didier, « j’ai vraiment les pieds de plus en plus dans l’eau ». « Non », me dit-il, en constatant que nous avons une voie d’eau !

Il est marin, je lui fais confiance.

Il nous dira au retour qu’en colmatant le trou avec un doigt de pied, il a bien cru que la planche pourrie allait craquer sous la pression !

Et soudain, dans un silence total, Bata, approche la pirogue du bord, se glisse dans l’eau, et d’un coup, à la grande admiration de l’équipage et à la grande surprise d’Armaghane, trouve et sort de l’eau un caïman, à mains nues ! Et finalement nous ne coulerons pas.

 

Première nuit dans le hamac. Aucun de nous n’a passé une bonne nuit… Le hamac, le froid (relatif), la lumière. On ne dort pas de la même manière dans un lit et dehors dans un hamac ! Et ne parlons pas des cris des singes hurleurs, toute la nuit !

 

Le ventre bien rempli, le petit déjeuner est décidément le meilleur repas, les pieds et les bras couverts, nous partons pour une longue marche.

Nous quittons le « hameau » et passons devant les maisons des enfants de Bata. Comme dans le Sertao, je suis étonnée du manque d’attention pour le décor. Si dans la maison il y a deux perroquets, la décoration est succincte, et à l’extérieur des arbres fruitiers parsèment le terrain mais pas de fleurs, et pourtant il y a de l’eau partout, eau que l’on ne cherche pas à économiser tant elle est présente.

 

Nous commençons par monter doucement dans une forêt de palmes parsemée d’hévéas et de cacaoyers. Bata nous fait goûter des fruits, fouille dans des trous pour nous montrer les araignées velues et monstrueuses.

L’Amazonie ! Et puis, nous entrons dans un autre « étage » de la forêt. Les arbres deviennent plus grands, les palmes aussi, les lianes sont impressionnantes. Nous regardons, nous écoutons la forêt. Ici tout est vert, vert, vert.

Parfois, pour le plaisir de mes yeux et comme un signe de vie, une fleur… rouge, jaune ! Comme un éclat de rire !

Nous suivrons les chemins des fourmis, nous fouillerons les refuges des araignées, nous verrons les singes-araignées aller d’arbre en arbre en s’aidant de leur queue comme d’un cinquième membre et puis nous entendons les singes hurleurs.

 

Au cours de ces journées, la grenouille talisman « Muiraquita » nous accompagne.

Sans doute nous a-t-elle protégés des esprits de la forêt et permis de vivre cette symbiose entre eau, terre et forêt qu’est l’Amazonie !

Animaux vus et/ou entendus : singe hurleur (alouate), paresseux, singe araignée (atèles), araignée, papillons géants, oiseaux, et caïman !

 

De retour, repas un peu tardif !

Aujourd’hui est le dernier jour de l’année. Les femmes se préparent pour participer à la soirée du nouvel an qui se prépare sur la plage. Il s’agit d’une fête de jeunes « paulistas » (de Sao Paulo) arrivés dans des bateaux que nous avons vus à plusieurs reprises (à Alter do Chao puis sur une plage sur les bords du rio Tapajos).

 

Irons-nous à cette fête ? Je n’en ai pas très envie !

 

Après un repos, une bonne douche, Bata nous prête une barque pour un bain dans le fleuve.

Sur la plage, la fête se prépare, sono, repas, alcool. Après renseignements, y participer coûte environ 350 Reais (120 euros). Venir en Amazonie pour ça ?

Au retour, nous nous préparons pour la fin de l’année. Armaghane nous dit qu’au Brésil il faut s’habiller en blanc pour que l’année soit une année de paix. Nous n’avons pas de blanc mais faisons au mieux. Rien de spécial n’est préparé pour notre repas. Les femmes étaient trop occupées par la fête, gratuite pour elles. Elles s’y produisent (danse traditionnelle) et peuvent y vendre les colliers de graines qu’elles ont confectionnés sans discontinuer ces derniers jours.

 

Notre repas sera, toutefois, nettement amélioré et prendra un air de fête grâce à Armaghane et Guillaume qui ont dans leurs sacs du foie gras et des Rochers Ferrero !

Étrange repas de fin d’année. Nous passons la soirée tous les 4 avec Bata, qui nous raconte des histoires de la forêt, de sa famille. Nous sommes fatigués et nous couchons à 11 heures, mais il est minuit à Sao Paulo, nous rassurons-nous !

 

Une nuit pas meilleure que la précédente. Si, Didier a bien dormi. Nous, nous avons subi la musique de la fête et puis, les singes hurleurs et encore, un bruit que nous n’identifierons pas et qui ressemblait au passage de plusieurs ruches, un vrombissement étrange !

 

Armaghane et Guillaume repartent par la route (la piste) en taxi. Ils doivent prendre l’avion à Manaus dans deux jours, et donc embarquer dans la matinée sur un bateau à Santarem pour remonter l’Amazone.

Nous, nous prenons la barque de Bata pour Alter do Chao où nous passerons la nuit au « redario » du camping, en hamac.

Avant de rejoindre la ville, nous essayons une fois encore de voir les dauphins roses et gris, sans succès, et faisons une belle promenade sur la colline qui surplombe la ville.

 

Santarem, l’impression d’être dans un lieu connu. Nous voilà dans le même hôtel. Nous reprenons nos habitudes ; la caipirinha dans le bar situé au bord du fleuve avec, petit plus, une serveuse qui nous reconnaît ! Nous découvrons le tacaca, un plat typiquement amazonien fait de tapioca, d’une sorte de blettes et de crevettes… Crevettes de fleuve ?

 

Le 4 janvier, voilà le moment de rejoindre le bateau pour descendre en deux jours l’Amazone jusqu’à Bélem. Le port est beaucoup plus loin que ce que nous ne le pensions, nous terminons la route en taxi.

L’embarquement sur le bateau est particulier, nous devons passer par-dessus le bastingage et non par une coupée. Avec les sacs à dos, ce n’est pas facile !

 

Les bateaux qui descendent l’Amazone sont tous plus ou moins sur le même modèle : 3 ponts, ouverts sur l’extérieur et simplement fermés par un bastingage. Le pont supérieur est souvent celui du bar, on peut flâner et regarder le paysage. Le pont intermédiaire, c’est en général le redario, la zone des hamacs. Il y a quelques cabines, très chères, pour ceux qui ne veulent pas du hamac. Le pont inférieur, c’est souvent le pont « cantine », mais pour nous, ce sera aussi un pont « redario », vu la cohue sur le bateau ! La foule a embarqué à Manaus, et quand nous montons à Santarem, c’est plein, mais d’autres embarqueront encore, aux étapes suivantes… Notre bateau est « homologué » pour 220 hamacs !

 

Nous laissons nos passeports, un contrôle encore, et une hôtesse nous dirige vers l’étage inférieur.

Il y a beaucoup de monde. Nous ne trouvons de place que près du moteur, bruit et chaleur, un vrai plaisir. Nous ne savions pas, nous aurions pu densifier et participer à l’étagement sur 3 hauteurs des hamacs, eh oui.

Une fois encore Didier, devenu maître ès hamacs, s’attèle à la tâche de l’installation. Il suffit de 10 minutes pour être chez soi !

 

Descente de l'Amazone à bord du CLIVIA

Nous avons volontairement choisi de ne pas prendre de cabine et ne sommes pas déçus de notre choix. Impression d’être dans un bateau de migrants avec un grand confort… le « rede » (oui bizarrement, les portugais n’ont pas retenu le nom local de hamac), c’est mieux que par terre !

 

Notre vie à bord est ponctuée par les repas, par la lecture, par quelques rêveries et le deuxième jour, alors que le fleuve se rétrécit, par quelques spectacles étonnants.

Du haut de notre bateau les gens lancent des sacs plastiques qui contiennent vêtements ou nourriture aux « indigènes » qui viennent les chercher en canoë.

Triste spectacle que ces femmes et enfants qui mendient. Cette pratique, apparemment devenue coutume, est-elle nécessaire ?

Plus loin, un homme en canot accoste notre bateau, au risque de sa vie, pour vendre des crevettes. Il fera recette !

Et puis, nous apercevons, à plusieurs reprises, des ailerons de dauphins roses ou gris… Difficile à dire !

 

Le bateau passe plus près des rives, ce qui permet la vue sur l’habitat : les maisons sont sur pilotis, et l’organisation, la circulation entre les maisons se fait exclusivement par le fleuve et il n’est pas rare de voir de très jeunes enfants pagayant sur des coques minuscules !

De temps à autre une église, une école ou un village un peu plus important.

 

Le dernier repas et une gorgée d’eau auront raison de nous et nous cloueront pour deux jours à Bélem. C’était pourtant une fontaine d’eau réfrigérée à côté du coin restaurant…

 

Le 6 janvier, après 750 km de fleuve nous atteignons au petit jour Bélem.

Bélem où il nous faudra attendre quelques heures dans la gare avant d’avoir la force de nous propulser à l’hôtel Massilia.

Au passage, nous réservons nos billets d’avion pour le retour. Trop cher pour passer par Natal, nous rentrerons par Recife.

 

Visite rapide de Bélem

24 heures d’immobilisme, et Didier aura un sursaut d’énergie pour aller chercher nos billets de bus pour Sao Luis et prendre au passage quelques médicaments locaux.

Nous avalons des choses imbuvables mais le deuxième jour nous sommes presque debout.

C’est là que nous apprenons l’attentat de Charlie Hebdo. Les jours suivants nous suivrons l’actualité par internet et dans la presse locale.

Petit tour touristique sur la place de la République, on s’y regroupait à ce moment là à Paris, et soirée en bord de fleuve : marché, église puis lieu « branché » très réussi dans d’anciens docks pour le repas.

Impossible d’avoir des pâtes sans rien ! On demande des spaghettis sans rien, sans sauce, ce qui navre notre serveur. Il nous apporte des pâtes sans sauce tomate mais avec 500 g de viande hachée !  Didier se sacrifie et j’obtiens des pâtes « sèches ».

 

Le 8 janvier. Départ en bus de la rodoviaria pour Sao Luis.

La paysage est assez plat. Grandes fazendas, forêt, places de village, écoles, immenses statues blanches de saints ou saintes … très kitsch !

Nous arrivons plus tard que prévu et sommes attendus par 3 personnes à l’Hôtel Pousada Colonial, une ancienne demeure coloniale fort bien rénovée, organisée autour d’un patio, parquet à larges lattes de bois, espaces de convivialité dans les vérandas, mais toujours chambre sans fenêtre !

 

La vieille ville coloniale de Sao Luis

Dans une agence de tourisme francophone, nous préparons la suite de notre voyage de Sao Luis à Piripiri pour visiter le parc de « Lençóis Maranhenses » et le parc des « Sete Cidades ».

Visite de la ville. C’est la première qui nous paraît touristique. La vieille ville est en bord de fleuve, la ville neuve en bord de mer.

Belle place coloniale rénovée avec le palais à une extrémité et l’église à l’autre. Dans la vieille ville des petits musées, des boutiques pour touristes et puis un marché avec des restaurants où nous nous arrêtons un temps.

 

De retour à l’agence, notre voyage en poche, départ à 7 heures et non 5 comme annoncé et deux jours où nous serons totalement pris en charge pour les transports et l’hôtel, nous faisons une sieste bien méritée.

Au lever, nous nous dirigeons vers les rues commerçantes. Les commerces ferment mais nous trouvons un coiffeur.

Didier en avait marre de sa tête de baroudeur des mers et ressort cheveux, moustache et barbe coupés, pas assez coupés à son goût mais heureux !

 

Maintenant, il nous faut trouver un restaurant. Nous nous perdons un peu, ce qui nous permet d’assister à un concert dans l’ancien couvent des « Neves ».

Nous retrouvons la place de la cathédrale, dans laquelle un mariage en grande pompe se prépare, et nous nous installons dans un café pour grignoter quelques olives, cubes de jambon et de fromage en sirotant une caïpirinha tout en profitant de la déambulation d’une fanfare locale sponsorisée par l’office du tourisme.

 

Le 10 janvier.

La voiture qui devait nous prendre est un peu en retard, et de rendez-vous en rendez-vous avec d’autres clients, nous partons fort tard.

A Barreirinhas, chacun est déposé dans sa pousada.

Nous avons juste le temps d’un demi-repos et de déjeuner avant que notre chauffeur vienne nous prendre pour l’excursion dans les « Lençóis ».

Ce parc est une zone de magnifiques dunes de sable blanc assez loin de la mer, avec des retenues d’eau douce un peu partout, surtout pendant la saison des pluies.

Oh la la ! Quelle galère ! Nous voilà embarqués dans du tourisme de masse, pour une promenade en 4x4 parmi des dizaines de 4x4. Cris, hystérie, comme si nous étions dans la grande roue ou tout autre manège puis promenade à pied et un peu de calme.

Finalement, c’était très beau mais pas la bonne saison. Seul, un creux entre les dunes reste rempli d’eau et tout le monde s’y baigne... ça ne nous tente pas et nous restons à l’ombre jusqu’au moment de prendre le chemin du retour.

 

Les dunes de sable de Barreirinhas et la piste vers Parnaiba

Notre sortie du soir nous mène, à deux pas de notre pousada, dans un quartier très touristique au bord du fleuve. Il y a décidément de l’eau partout dans le Nordeste et pourtant le désert est tout près.

Nous nous attablons pour une pizza avec presque l’impression d’être dans une station balnéaire près de chez nous… Une promenade en bois au bord du fleuve, des restos, des musiciens de rue, des vendeurs de bricoles,  c’est reposant !

 

Le voyage avance vite et je me sens sur le chemin du retour. Déjà, l’idée du travail affleure à ma pensée.

 

Dimanche 11 janvier - Voyage de Bareirinhas à Parnaiba

Pour cette magnifique traversée du désert qui borde la côte, nous sommes à bord d’un 4x4 privé. Notre chauffeur conduit en souplesse dans du sable mou et fin, sans jamais donner l’impression de forcer.

Dunes, oasis, un tout autre monde s’ouvre à nous. Des paysages qui me conviennent, me réjouissent dans lesquels le regard est toujours porté plus loin vers l’horizon.

4 heures de piste et nous arrivons directement à la rodoviaria de Parnaiba. Aujourd’hui, dimanche, pas la peine d’aller en ville, tout est fermé, nous explique le chauffeur.

Nous avons un bus immédiatement, enfin nous avons bien failli le rater : nous n’avions pas compris l’horaire, nous étions déjà installés pour manger dans un snack, et nous avions passé la commande. Un monsieur aimable vient nous dire des choses que nous ne comprenons pas, mais nous finissons par décoder que c’est le chauffeur du bus !

3 heures plus tard, nous sommes à Piripiri. Nous avons du temps pour prendre nos marques à l’hôtel dans une chambre-avec-vue, faire le journal de bord et écrire quelques cartes postales.

Je constate que j’ai oublié le guide du Routard dans le bus !

Le soleil se couche, la main de la Vierge nous fait encore quelques effets de soleil. La population se dirige vers l’église pour la messe.

Promenade, douche et repas à la pizzeria.

 

Dernière journée avant le retour à Recife

J’ai mal dormi, suis inquiète pour Malakoff (j’attends une réponse pour un appel d’offre). Je m’enferme dans ma coquille et suis désagréable avec Didier.

Nous nous ferons la tête toute la journée !

Pourtant, nous découvrons, dans le parc des Sete Cidades, une autre curiosité géologique du Nordeste. Un massif montagneux, et des formations rocheuses très particulières, pierres qui ressemblent à une terre craquelée par la sécheresse, empreintes d’arbres.

Et dans ce décor, des peintures rupestres extérieures. Comment, pourquoi des peuples ont-ils vécu ici ?

 

Piripiri et le parc de Sete Cidades

Je regrette de n’avoir pas eu d’explications un peu scientifiques sur ce lieu entouré de mystère. Notre guide nous montre les formes des roches (tortue, éléphant, profil de Don Pedro, trou du solstice et bien sûr le doigt de Dieu), une autre manière de visiter et d’imaginer quelque peuple venu d’autre part créer les sept villes.

On nous avait parlé de la trace du passage des phéniciens, des vikings, et bien sûr des extraterrestres dans ce parc, mais la demoiselle qui nous accompagne ne l’évoque même pas, on restera un peu en manque de commentaires sur les peuples qui ont dessiné toutes ces peintures, ou sur l’origine de ces formations géologiques assez extraordinaires.

 

Le voyage Piripiri - Térésina fut désagréable et long, bus qui sentait mauvais, puis taxi entre rodoviaria et aéroport long !

L’hôtel Teresina est tout proche de l’aéroport mais notre chambre, une fois encore, sans fenêtre ! On insiste, et on nous donne une chambre avec une fenêtre qui donne sur un passage de 1m50 de large, vue sur le mur…

 

Nous repérons les lieux. Nous mesurons le temps qu’il faudra, demain aux aurores, pour atteindre l’aéroport (5 minutes) et trouvons un restaurant.

Le repas fut délicieux, terrine de viande pour Didier et de crevettes pour moi. Une fois n’est pas coutume.

 

Quelques photos au hasard de nos balades

Le 13 janvier. Décollage à 7h30. A 9 heures nous sommes à la rodoviaria de Recife où nous laissons nos bagages.

Petit déjeuner, et nous découvrons à l’office du tourisme qu’il y a un métro à Recife… Pari perdu pour tous les deux, nous nous attendions à parler brésilien dans cet office du tourisme, mais pour la première fois un brésilien parle anglais et peut ainsi nous informer !


Métro, visite de la vieille ville de Recife, ça aurait été dommage de ne pas y faire un tour, et retour à la marina.

 

Revenir au bateau, c’est un peu rentrer à la maison.

La première nuit est parfaite… pas de bruit, pas de haut parleur… la deuxième sera moins bonne !

Les trois jours à la marina s’écoulent rapidement. Nous n’avons pas pu louer une voiture mais ne nous sommes pas ennuyés et puis le 15, nous avons fêté l’anniversaire de Didier, une année de sagesse de plus.

 

Retour en France le 17 pour moi et départ de Didier pour Trinidad une semaine plus tard.

 

Brésil, Brasil, Brazil ! Ce ne fut ni le futebol ni la danse, mais une escapade dans le Nordeste, la région la plus pauvre du pays.

J’ai déjà envie d’y revenir pour découvrir l’état de Bahia, voir Salvador et le travail dans la ferme et l’école de mon ami Hugues, le Minas Gerais, si riche en histoire et bien sûr un jour, Rio et ses Cariocas !

 

journal de voyage fignolé et relu à Paris par Claude, 10 février 2015

"Derrière l'horizon", le DVD qui retrace 20 ans de navigation autour du monde de Bruno et Catherine à bord de Nosy Bé

Depuis 20 ans, Bruno et Catherine naviguent autour du monde, à bord de leur Romanée Nosy Bé. J'ai croisé leur route à Tahiti en 2007-2008.

Si vous voulez visionner ce DVD évènement qui retrace leurs aventures, commandez-le d'un mail à contact@jourjproductions.com

28 € (25 € + 3 € de port en France métropolitaine).

Arlette Girault-Fruet a obtenu

le Grand Prix de la Mer 2015 pour

"La Non Trubada, la question des îles errantes dans les navigations d'autrefois"

octobre 2014 - CLASSIQUES GARNIER.

Toutes nos félicitations, Arlette.

Allez voir la page "Les îles perdues", on y parle de ce livre superbe, un bel objet. Et aussi de Tintin !

 

Les bonus vidéos

INDEED en mer d'Iroise

Quelques images d'Indeed dans les îles de la mer d'Iroise, avec le dauphin Randy à l'île de Sein en invité surprise.

Transat retour Açores - Bretagne :

Ambiance de la transat retour Açores-Bretagne, dans le carré, sur le pont ou devant l'étrave, il y a toujours quelque chose à voir.

Indeed au Royaume de Redonda - Une île déserte, et pourtant elle a un roi depuis le 19ème siècle. Une drôle d'escale.

Petite Terre - Sargasses, iguanes et barracudas -  Une réserve naturelle très protégée au sud-est de la Guadeloupe.

 La vie du récif des îles de Gwadloop - Un vrai bonheur de plonger sur le récif - un bonheur ? Non, un enchantement !

un clic et c'est parti sur Youtube

Les dessous d'Indeed, tout ce que vous avez toujours voulu voir d'Indeed sans jamais le pouvoir, parce que vous avez peur de mettre la tête sous l'eau !

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Serpents de mer et colibris - le bonheur de voyager sous les Tropiques, c'est de contempler des animaux qu'on ne connaissait que dans les livres ou au cinéma, dans l'eau, dans l'air, sur terre.

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Quelques vues du Carnaval des écoles à Trinidad & Tobago.

un clic et c'est parti sur Youtube

 INDEED et les dauphins, un rêve marin en vidéo en un clic.

Allez aussi voir les journaux de bord du mois d'août 2014 : Molène, Le Port Rhu, les Glénan...

"Favet Neptunus eunti" : "Neptune est favorable à ceux qui voyagent" !

Rue du Treiz à Douarnenez

48°05' Nord / 4°20' Ouest